Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Larra : Alors, je suis Larra Mendy, comédienne de théâtre depuis 20 ans, plutôt clown de formation (rires) et depuis 3 ans metteure en scène également.
Fred : Je suis Frédéric Bourgade, j’ai fait 2 ans au Conservatoire de Bordeaux et puis j’ai joué assez rapidement. Je suis metteur en scène et auteur également.

Parlez-nous des personnages que vous jouez dans Nuit Blanche A Honolulu ?
Fred : C’est l’histoire d’un couple qui part en lune de miel à Honolulu et tout va partir en live, c’est un peu un bad trip. Je joue le groom de l’hôtel qui est un petit peu fantasque, qui aimerait bien être comédien, donc il essaye plein de blague sur ses clients.
Larra : Quant à moi je suis Marie, la femme du couple. C’est une femme qui est sujette à des émotions changeantes, très fortes. Elle passe du rire aux larmes assez facilement, c’est inattendu.

« A chaque fois qu’on s’attend à quelque chose, c’est autre chose qui arrive […] C’est un enchaînement qui décontenance un peu. » Frédéric Bourgade

 

Fred, est-ce que tu peux nous parler de la conception de la pièce ? Comment t’es venue l’idée ? 
Fred : Je crois que tout est parti du titre, j’ai eu le titre en premier, en faisant un footing. Nuit Blanche à Honolulu. Tout de suite je me suis dit qu’il faudrait faire quelque chose qui ne coûte pas très cher, avec peu de comédiens et juste un lieu unique. C’est une pièce dont j’avais écrit le début il y a plusieurs années et quand j’ai su que Loïc Rojouan recherchait une comédie à programmer au Théâtre des Beaux-Arts de Bordeaux, je lui ai fait lire le début de Nuit Blanche à Honolulu. Ça lui a plu et j’ai donc écrit la suite, en travaillant avec lui d’ailleurs.
Larra : C’est une écriture très moderne. Ce n’est pas un humour dont on a l’habitude, c’est un humour propre à Frédéric Bourgade, du coup c’est surprenant et je crois que c’est ce que les gens aiment. Ils sont surpris, ce n’est pas une situation très connue, ce n’est pas un couple dans son salon, ils sont sortis de leur quotidien, dans un décor qui n’est pas habituel, avec un personnage, le groom, qui est hors-norme. C’est une pièce qui est surprenante. Chaque fois on pense savoir ce qu’il va se passer et chaque fois il se passe l’inverse. L’audience va de surprise en surprise et est tenue en haleine jusqu’à la fin. C’est même crescendo, c’est une avalanche de catastrophes.
Fred : C’est vrai que c’est assez original. Je voulais que les trois personnages soient assez équilibrés. Ensuite, je me suis fait une liste de mots à caser parce que je voulais qu’elle soit assez riche et bien écrite, avec un vocabulaire qu’on n’a pas l’habitude d’entendre.

Larra, as-tu eu un rôle dans l’écriture de la pièce ?
Larra : Alors, non. Je ne devais pas faire partie de la pièce mais la comédienne qui devait jouer Marie est tombée malade, donc les garçons, Frédéric et Loïc, m’ont demandé d’apprendre et de préparer le texte. J’ai trouvé la pièce très drôle à la lecture, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincue d’y participer. Puis, Loïc et Frédéric sont vraiment des copains avec qui j’ai plaisir à jouer. Le plaisir a vraiment été un moteur important pour l’apprentissage du texte.
Fred : Cela dit, quand Larra est arrivée, on était déjà épuisé par les répétitions d’avant. Je ne l’ai pas réécrit avec elle mais elle y a tout de suite rajouté sa patte dans les tournures de phrases pour que ce soit plus naturel et qu’elle se sente plus à l’aise.

« Ce n’est pas un humour dont on a l’habitude, c’est un humour propre à Frédéric Bourgade, du coup c’est surprenant et je crois que c’est ce que les gens aiment. » Larra Mendy

 

Ceux qui ont déjà eu la chance de voir Nuit Blanche à Honolulu plébiscitent votre texte pour son jeu sur différents degrés d’humour. Quels types de réaction avez-vous remarqué chez les spectateurs ?
Larra : Il y a l’humour du texte, le jeu sur les mots et, physiquement, ce qu’il se passe sur scène, l’humour de situation, dans notre gestuelle, dans nos silences. Il y a des gens qui sont très attachés au texte et d’autres plus sensibles aux situations.
Fred : Il y a de très bonnes réactions sur l’écriture de la pièce parce que c’est une pièce qui est très dense, très ramassée. Il y a différents comiques dedans qui font penser à Marx Brothers, à Jerry Lewis, au Monty Python. À chaque fois qu’on s’attend à quelque chose, c’est autre chose qui arrive. C’est, d’ailleurs, ce que dit le personnage de John, joué par Loïc Rojouan, « Vous me fatiguez, à chaque fois on s’attend à un truc qui ne devrait pas fatiguer et si, ça fatigue. » C’est un enchaînement qui, à chaque fois, décontenance un peu.

Que diriez-vous pour convaincre un spectateur hésitant à venir voir Nuit Blanche à Honolulu ?
Larra : C’est vraiment une comédie différente et très contemporaine dans le ton. On n’a pas l’habitude de voir ce genre de comédie. Le but premier est de faire rire, intelligemment, ce n’est pas du rire facile.
Fred : Totalement. C’est une création bordelaise, produite par le Théâtre des Beaux-Arts de Bordeaux, avec des comédiens bordelais, que Paris nous envie déjà. Et puis, je vous rembourse si vous n’avez pas aimé (rires).

Propos recueillis par Alana Robert – Théâtre des Beaux Arts

 

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