Pour la sixième fois, le Théâtre des Beaux Arts de Bordeaux programme le seule-en-scène Cartable. Nous avons rencontré Gloria Da Queija, auteure et comédienne de cette création.

 

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter aux visiteurs du site du Théâtre des Beaux Arts ?
Je m’appelle Gloria Da Queija et je suis comédienne. J’ai d’abord été professeure des écoles mais aujourd’hui je vis de ma passion, le théâtre. Cartable est le principal projet théâtral que je porte actuellement. Mais je fais aussi beaucoup d’improvisation théâtrale sur Bordeaux avec le collectif artistique Les Créants et la compagnie EnUnSeulMot. J’anime également des ateliers d’improvisation pour enfants, adolescents et adultes.

De quoi parle Cartable ?
Cartable est l’histoire d’une classe de CE1 que l’on suit tout au long de l’année scolaire. Il y a plusieurs séquences par saison, allant du jour de la rentrée à la kermesse de fin d’année. J’interprète tous les personnages de la pièce, à savoir : la maîtresse, les élèves, quelques collègues et l’inspecteur. Le but est d’essayer de montrer la réalité du métier d’enseignant, les rapports entre les individus, la maitresse, les élèves et l’engagement émotionnel que ça implique.

Présentez-nous votre collectif, le Collectif Cliffhanger.
Le Collectif Cliffhanger a été créé il y a quelques années par un groupe d’amis. Chaque membre du collectif pouvait y porter des projets différents, seul ou en équipe avec d’autres membres. Parallèlement à Cartable, on a notamment créé Les Décisionnaires, de Tom Phenix, un spectacle interactif où le public peut décider du sort des personnages avec une application smartphone. Actuellement, on a deux spectacles qui se jouent régulièrement : Sauvage de Tom Phenix et Cartable.

Qui de Vincent Toujas et vous a eu l’idée du spectacle ?
A l’origine on avait juste envie de travailler ensemble. On a testé plein d’idées différentes avant de penser à Cartable. Puis, un jour j’ai rencontré des enseignantes et on a échangé sur nos expériences dans le métier. J’en ai parlé à Vincent Toujas qui m’a dit qu’il fallait en faire le sujet du spectacle puisque c’était ce qui me touchait le plus. A partir de là, on a longtemps travaillé à partir d’improvisation pour créer la base du spectacle puis on a retravaillé plus précisément le texte, les personnages, la mise en scène…

Pourquoi avoir choisi de travailler ensemble ?
On s’entend très bien et humainement, et artistiquement. On s’est connus dans une ligue d’improvisation dont je faisais partie et où il animait des ateliers puis on a travaillé ensemble sur des projets du Collectif Cliffhanger.

 

« Vincent Toujas avait des idées pour améliorer le spectacle, pour donner plus de rythme, pour que ce soit plus dramatique. » Gloria Da Queija

Comment est-ce que votre expérience en improvisation vous a aidé dans l’écriture de Cartable ?
L’écriture de Cartable s’est faite en deux étapes. Pendant 6 mois j’ai improvisé sous la direction de Vincent. J’apportais la matière issue de mon vécu dans le milieu de l’enseignement et Vincent l’a mise en forme. Il m’a fait travailler les personnages, les transitions, les voix et l’histoire. Une fois qu’on avait tous ces éléments bien ficelés, qu’on savait ce qu’on voulait raconter, je n’arrivais plus à improviser. On est alors passé à une écriture sur table puis on a encore retravaillé au plateau.

Est-ce que vous pouvez nous parler de la mise en scène et scénographie de la pièce ?
L’écriture, la mise en scène et la scénographie se sont faites en même temps. Vincent Toujas a le sens de l’histoire, du rythme, de l’image et de la direction d’acteur. C’était un échange entre ce que je proposais et ses réajustements, ses conseils. Il avait des idées pour améliorer le spectacle, pour donner plus de rythme, pour que ce soit plus dramatique. Vincent travaille dans le cinéma et on retrouve cet aspect cinématographique dans la construction et la forme de Cartable. La mise en scène de ce seule-en-scène caméléon rappelle un montage de cinéma avec des gros plans, des champ-contrechamps. Vincent a aussi travaillé les ambiances lumineuses pour aider les spectateurs à imaginer les scènes.

Pourquoi avoir choisi de jouer au Théâtre des Beaux Arts ?
C’est la sixième série que l’on fait au Théâtre des Beaux Arts de Bordeaux. Quand on a commencé à montrer le spectacle à notre entourage dans un petit théâtre dans le centre de Bordeaux, Loïc Rojouan était présent et a adoré Cartable. Loïc Rojouan prenait la direction du Théâtre des Beaux Arts et nous a dit qu’il voulait programmer Cartable, c’était une chance incroyable. On s’entend très bien avec l’équipe du Théâtre des Beaux-Arts et dès le départ le public a été présent.

 

« Il n’y a que moi sur scène donc pour les identifier je dois trouver une voix, un corps, une élocution, un univers. » Gloria Da Queija

Cartable est un seule-en-scène où vous, Gloria, jouez une classe d’école. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur le panel de personnages que vous allez incarner ?
Il y a en tout 15 personnages dans Cartable. La maîtresse est le personnage principal du spectacle et autour d’elle on retrouve les élèves dont cinq personnages archétypes : le bon élève, l’élève agité, la rêveuse lunaire, le timide et une enfant qui a des problèmes personnels.

En quoi est-ce que cet exercice vous aide à enrichir votre jeu d’actrice ? Pourquoi le trouvez-vous intéressant ?
Dans Cartable, je m’amuse beaucoup parce que je dois interpréter quinze personnages en un seul spectacle. Ce sont quinze personnages que je dois travailler à rendre crédibles. Il n’y a que moi sur scène donc pour les identifier je dois trouver une voix, un corps, une élocution, un univers. L’autre point important est de travailler les transitions pour que le public puisse suivre les changements de personnages. C’est une gymnastique intéressante.

A quel type de public s’adresse Cartable ?
Cartable est accessible dès 7 ans, ce n’est pas un spectacle pour les jeunes enfants parce que le jeu caméléon n’est pas forcément compréhensible pour eux. Cela dit, Cartable parle à tout le monde, les enfants de primaire se reconnaissent dans les personnages interprétés et les adultes peuvent découvrir plus en profondeur la réalité du métier. C’est un spectacle à la fois drôle et émouvant.

Si vous deviez retenir une réplique essentielle de Cartable, quelle serait-elle ?
Je pense que c’est : « Je t’aime maîtresse, tu vas me manquer. »

 

Propos recueillis par Alana Robert – Théâtre des Beaux Arts

 

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